Atelier sur le webdocumentaire

20 juin 2012
Par Clubadmin

 

Florent Bouchardeau, concepteur des webdocumentaires Villeneuve 5/5 (publié en partenariat avec le Monde), Si j’étais président (en lien avec le Dauphiné Libéré) et le Zinc (publié sur Libération.fr) a animé un atelier de présentation du webdocumentaire le 19 juin dernier pour les adhérents du club. Une occasion de présenter un format de plus en plus utilisé par les journalistes puisqu’il permet de répondre à la fois à une crise du métier sans précédant ainsi qu’à une crise de confiance du lectorat à travers l’émergence de nouveaux formats destinés à captiver le lecteur : diaporamas sonores, vidéographies, webreportages, Petites Œuvres Multimédias (POM)…

La première étape ?

Clarifier la notion de webdocumentaire, qui semble souvent obscure… Plus qu’une simple vidéo postée sur le web, le webdocumentaire est un documentaire publié sur le web qui utilise et rassemble plusieurs formats multimédias (vidéos, sons, photos, graphiques, dessins, textes…) sur une même plateforme. L’internaute peut alors naviguer d’une partie à l’autre, selon un principe de délinéarisation de l’histoire qui met en avant différentes thématiques au sein d’un même sujet.

Le webdocumentaire permet donc au journaliste de traiter un sujet à 360 degrés en apportant sa vision d‘auteur. Il rend aussi l’internaute «acteur» de sa propre lecture en lui proposant plusieurs chemins de navigation.

La bonne nouvelle ? Il n’est pas nécessaire d’être technicien pour s’y atteler : les journalistes ayant une petite appétence pour le côté technique peuvent s’en sortir ! La preuve ?

Le plan de route

1-) Quel est le sujet que l’on souhaite traiter ?

Bien souvent, les sujets traités sont en lien avec des questions de société (obésité, banlieues, drogue, mal logement, élections…). C’est aussi l’occasion de mettre en avant des sujets originaux (catcheurs, industrie de la mort, …)

2-) Quelle structure donner à son histoire ?

En scindant le webdocumentaire en plusieurs parties, le journaliste délinéarise l’action et donne l’occasion à l’internaute de se concentrer sur les thèmes qui l’intéresse.

Il est possible de concevoir la navigation du webdocumentaire à partir d’une carte (ex : «Voyage au bout du charbon») ou à partir d’une image (ex : «Villeneuve 5/5) par exemple.

Les webdocumentaire se distinguent aussi par la liberté qu’ils laissent à l’internaute : devez-vous suivre un chemin fixe ou pourrez-vous avoir accès à une partie, voire à tous les contenus à partir de la page d’accueil ? Il est aussi possible d’inclure de la fiction et de rendre l’internaute acteur de sa propre histoire (ex : «Thanatorama»).

3-) Quelle interface et médias utiliser ?

Il n’est pas obligatoire de passer par une boîte de production pour concevoir un webdocumentaire : il existe aujourd’hui des logiciels grand public comme Wix, 3Wdoc, Klynt, Djehouti qui utilisent l’une des deux technologies suivantes (Flash ou Html5) pour agréger différents types de contenus sur la même plateforme. La principale différence : Html5 est accessible sur tablettes et smartphones, mais pas la technologie Flash.

4-) Quelle ambiance donner à son reportage ?

Les sons et le graphisme sont des éléments essentiels car ils permettent de créer une ambiance en lien avec le sujet du reportage (ex : «Thanatorama»). «Plus l’ambiance sera en adéquation avec le sujet, plus l’internaute se sentira impliqué», rappelle Florent Bouchardeau.

5-) Quelle participation laisser à son internaute ?

L’internaute peut faire partie intégrante du webdocumentaire, notamment en laissant des commentaires sur la plateforme, ou bien en partageant des liens ou des commentaires sur les réseaux sociaux. «Prison Valley» a par exemple intégré un forum à partir duquel les internautes peuvent joindre les personnes interrogées dans le reportage. «Stigmatisés – Paroles de Roumains» propose aux membres de la communauté Rom d’apporter leur témoignage en postant des films sur la plateforme Youtube liée au projet.

6-) Combien ça coûte ?

Entre 0 et 250 000 euros, en fonction du projet. Il n’est pas forcément nécessaire de dépenser beaucoup si l’on utilise un logiciel grand public comme Wix, 3wdoc, Klynt…

Il est possible de recevoir des financements de la part de différents partenaires : fonds publics (CNC, Scam), producteurs (chaînes de TV), collectivités locales, plateformes de crowdfunding (ulule, Kisskissbankbank), diffuseurs (leMonde.fr, Libération.fr…) ainsi que de divers partenariats (publicité, aide en matériel..)

7-) Le mémo des grandes étapes à suivre

-choisir son sujet et son angle

-construire son scénario

-chercher des financements

-monter une équipe

-choisir l’interface et les médias

-faire le choix d’inclure ou non un aspect participatif

-le tournage

-la post-production

-la conception graphique

-le bêta testing

-la promotion

-la mise en ligne

-le suivi du site et des réseaux sociaux

 

Compte-rendu : Marie Lyan

Photos : Jacques-Marie Francillon

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Why ask?

INFOS : JOURNALISTES PIGISTES

Vous êtes journalistes pigistes, alors à vos agendas !

« Les 48 heures de la pige 2013 " auront lieu à Aix-Marseille
les 1er et 2 juillets prochains.

Les 48 heures de la pige, ce sont deux jours de débats sur le métier et des formations gratuites et défrayées. Nous y retrouvons une centaine de journalistes pigistes venant de toute la France. Nous vous en dirons plus prochainement !

************

LA 7eme EDITION DES ASSISES DU JOURNALISME ET DE L'INFORMATION aura lieu à l’Arsenal, à Metz les 5, 6 et 7 novembre 2013.
Un lieu du débat et de la réflexion, du dialogue et de la rencontre autour du journalisme
Notez-le dès maintenant sur vos agendas.

Plus d'infos vous seront communiquées dès que possible.

Application Android du site du Club

Partenaires