Que des journalistes de télévision ou d’un autre média débarquent dans le quartier de La Villeneuve à Grenoble pour constater qu’il y a un problème social n’est pas un scoop. Tout au plus un exercice un peu aérien consistant à trouver le bon code pour réaliser un reportage dans des conditions acceptables. Que des journalistes reviennent de La Villeneuve avec un reportage décrivant la lente agonie de ce quartier, un an après un fait divers qui a marqué la France entière, n’est guère étonnant non plus.

Alors, où est le problème ?

Un parti pris, un exercice à charge ?

Un reportage est toujours un point de vue, un regard porté par un journaliste sur des faits. Les reporters d’envoyé spécial, sur France 2, avaient choisi de traiter la question du désœuvrement social et de sa grande sœur, la violence latente. Bien sûr, il y a des initiatives heureuses dans  ce quartier et il n’est sans doute pas abandonné par la municipalité, mais cela eût été un autre sujet. Bien sûr, on peut toujours critiquer un reportage sur sa forme, mais elle appartient à son auteur.

Il n’y avait ni diffamation dans ce reportage, ni contre-vérité.

Il n’était pas non plus fait pour plaire aux élus. D’ailleurs, l’actuelle politique de la ville n’y a pas été mise en cause. D’aucuns savent que La Villeneuve est le douloureux symbole de la fin d’une utopie.

Alors pourquoi ces réactions exacerbées de la part des responsables de la ville ? Grenoble ne peut pas cacher sa Villeneuve ni les problèmes afférents. En revanche, il serait dangereux de faire accroire qu’il ne s’y passe rien. Parler d’un problème c’est le considérer.

Et la presse est libre d’en parler.

 

Isabelle Doucet

Présidente du Club de la presse et des médias de Grenoble et de l’Isère