Créé il y a deux ans par la rédaction de Lyon Capitale, le site internet d’information sur les lanceurs d’alertes lelanceur.fr veut changer de format. Son objectif ? Devenir un semestriel de 200 pages. Pour cela, la rédaction a entrepris une série de rencontres pour expliquer et tester son concept.

Jusqu’ici proposé sur un modèle de site internet gratuit et sans publicité, lelanceur.fr s’apprête à muer. Consacré à l’investigation journalistique et aux lanceurs d’alertes, ce site internet lancé par Lyon Capitale veut devenir un magazine à part entière, afin de traiter l’ensemble des questions liées aux lanceurs d’alerte sur la forme d’un semestriel.

Avec une ligne éditoriale qui se veut toujours « indépendante et apolitique », cette nouvelle revue aimerait répondre à une problématique : celle de la protection des lanceurs d’alertes, qui utilisent aujourd’hui les réseaux sociaux sans prendre la mesure des conséquences que pourraient avoir leurs révélations sur leur vie personnelle. « L’idée est que ces personnes puissent devenir la source d’un journaliste, afin qu’elles soient protégées », explique le rédacteur en chef de Lyon Capitale, Raphaël Ruffier-Fossoul. Présent dans les locaux du Club de la Presse de Grenoble pour présenter le projet, il a en effet rappelé qu’une grande partie des lanceurs d’alertes ont été dépassés par les conséquences de leurs révélations (poursuites judiciaires, représailles, licenciement, menaces, harcèlement), qu’ils n’avaient souvent pas été en mesure d’anticiper. « Le journaliste se doit d’être loyal avant tout avec ses sources et ses lecteurs », affirme Raphaël Ruffier-Fossoul, qui rappelle qu’aucun actionnaire d’un groupe de presse -Lyon Capitale faisant partie de Fiducial média, ndlr-, ne doit empêcher la divulgation d’informations.

Le projet : un magazine papier semestriel

Créer une revue semestrielle de qualité, graphique, dédiée aux formats journalistiques longs : voilà donc le défi que s’est lancé le Lanceur.  Sous forme d’un “mook” de 200 pages, consacré à l’enquête et aux lanceurs d’alerte, il sera distribué dans les librairies et les principaux points-presse.

A noter que le projet est en mouvement et que l’équipe demeure preneuse de retours et de nouvelles idées. A cet effet, un tour de France est prévu jusqu’à l’automne. Des réunions publiques se dérouleront dans des cafés, universités, cinémas et librairies afin d’échanger avec d’autres journalistes ou rédactions mais aussi avec des citoyens et des « sources » potentielles. Pour financer ce projet, une opération de crowdfunding d’un montant de 5000 à 20 000 euros sera mise en place. A noter que le capital nécessaire (pour l’impression du magazine notamment) devrait s’élever aux alentours de 100 000 euros, avec une sortie du premier numéro du magazine papier planifiée pour l’été 2019.

Marie Lyan

Photo Club de la presse